Mon paradis est glocal

J'habite au paradis

J’ai une chance inestimable. Ma ville (Amsterdam) et mon pays (Bas) d’accueil m’offrent tout ce dont j’ai besoin, et plus – à bien des égards. Je leur en suis infiniment reconnaissante. Il faut d’ailleurs que je le leur redise, qu’ils le sachent vraiment (au fait, ma chanson d’amour du moment est ). Ils me façonnent avec bienveillance et pragmatisme.

Les deux seuls élements qui m’y manquent (expression qui n’a pas l’air très correcte, mais va si bien ici que je l’y laisse) sont la lumière et les aventures/vibrations. Pour pallier ce manque, j’ai mes petites stratégies.

Dejà, j’habite au 3ème étage et je ne convoite jamais un appartement avec jardin ou un RDC, un trou d’ombre et d’humidité serait dangereux pour ma santé mentale. Ensuite, j’ai une lampe LED professionnelle à la maison, que j’utilise au moins 40 minutes une à trois fois par semaine. Pas un petit masque de rien du tout, une grosse lampe dont les deux larges panneaux couvrent deux zones de mon corps. De plus, j’utilise au quotidien un sacré melange de compléments alimentaires car on sait bien que c’est la routine qui fait la difference. Enfin, je n’emprunte jamais les transports en commun (sauf pour rejoindre l’aéroport) et j’ai decidé de ne pas avoir de voiture. Cela me force à être à l’air libre le nez en l’air, sur mon vélo ou à pied, dès que j’ai besoin de me déplacer. Mais dans tout ca, peu d’aventure.

Mes ailleurs

La realité est que sans voyage, mon business plan ne fonctionne pas, du moins pas aussi bien. Aux Pays-Bas, tout est joli, propre, bien organise et accessible, mais tout se ressemble et rivalise de platitude. C’est parfait pour une rapide escapade de quelques heures permettant de renifler l’odeur de la ferme industrielle de près ou de loin, ou de marcher sur une plage qui file droit sur des kilomètres. Mais ça ne me fait pas vibrer, ça ne m’inspire aucun élan créatif (or je suis un vrai cerveau droit).

Les aventures néerlandaises ne mettent ni mes sens en émoi, ni mon coeur en joie. Or j’ai besoin de ca. De quoi? De visages lumineux, de bruits dans les rues, de nature époustouflante, de nourritures épicées, de fruits juteux, d’artistes inspirants, de sentiers de randonnée, de discussions philosophiques, de maisons d’hôtes, de cascades bruyantes, de marchés artisanaux, de petites places de villages, de vestiges de l’Histoire, de populations cultivant leurs racines, de surprises et d’imprévus, de grands espaces consacrés à l’art contemporain. De sources de vibration en somme.

Sans avion, point de vibration (et la rime, c'est cadeau)

… car je n’ai pas non plus de voiture, vous vous souvenez (enfin, je suis une grande fan de Greenwheels quand même). Alors quand je ne vais plus à Schiphol (littéralement traduit “trou de boue” par mon imagination depuis toujours, allez savoir pourquoi), je deviens folle. Le lotus prend lui aussi racine dans la boue. Pourtant, ses fleurs sont superbes. Cet aéroport est la fenêtre qui m’ouvre à la beauté du monde; il met les vibrations à ma disposition. A 8 minutes de train et 3 euros de chez moi (merci NS).

Jusque là donc, mon modus videndi était le suivant : jour d’école pour mes filles = à Amsterdam, jour sans école = en voyage. Ca marchait bien entre le Thalys, les avions et Airbnb. Puis lorsque le covid19 est devenu un sujet plus pressant que le diabète, l’obésité et autres maladies chroniques qui tuent en masse, on s’est tous retrouvés privés d’aventures. Apres dix semaines en France à conclure que vraiment, ce beau pays n’est malheureusement pas fait pour moi, ou moi pour lui (c’est comme ça, toutes les relations d’amour ne sont pas destinées à être vécues), je réfléchis ces jours-ci à mon nouveau mode de vie, celui d’après le covid19. Comme vous tous, qui chacun m’inspirez à votre façon.

Suite au prochain numéro donc.

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